ENTRER LA FORCE ZOULOU ENTER

   (Étrange et réalité)          

  afrique005.gif    Une femme se dresse devant moi, vêtue d’une  robe blanche éclatante, scintillante. Un halo de lumière l’entoure, et j‘éprouve une sensation particulière, un sentiment puissant de plénitude qui envahit tout le couloir, et parait même se diffuser dans la maison toute entière. Le temps semble s‘être arrêter. Je sens bien qu’il se passe quelque chose, que je suis face à une situation inhabituelle. L’atmosphère cependant est harmonieuse, chaleureuse, et je me sens rassuré, même au cœur de la nuit. Pas un mot, pas un bruit, tout le monde dort dans la maison, et je suis le seul témoin de cette étrange rencontre qui ne m’effraie pourtant pas. Je reste sur place, figé, comme une statu e. Suis-je en train de rêv er? Une multitude de pensées envahissent ma tête, j’essaye de comprendre ce qui se passe, je la regarde fixement et, au bout d’une minute, je  prends une profonde inspiration et me décide enfin à m’adresser à elle. Mais pas le temps d’échanger un mot, elle a déjà disparue… 

Je reprends doucement mes esprits, j’analyse ce que je viens de vivre.

Non je ne dormais pas, réveillé en pleine nuit par un besoin qui ne pouvait attendre jusqu’au matin, je suis sur d’avoir vraiment vu cette femme, chez moi, dans le couloir, en sortant de ma chambre… De retour dans mon  lit, je repense à elle. Les choses se bousculent dans ma tête, je me demande ce qu’elle est venue faire ici, ou est-elle partie maintenant…

J’ignore qui elle est, et j’ignore encore que tout est en  train de COMMENCER                                                         

pan6.gif    UNE ENFANCE PAS COMME LES AUTRES    !!!

          

  Je n’aie gardé en mémoire que très peu de souvenirs de ma petite enfance. Les seuls véritables éléments me prouvant que j’ai été un jour un nourrisson, ce sont les albums photos de moi qu’a conservé ma mère. Mes parents m’ont donné le prénom de Nicolas,  nous vivons avec mes grands frères dans une petite commune proche de Béziers, dans le sud de la France. 

Lorsque je me remémore mon enfance, tout semble commencer à l’âge de huit ans. Comme tous les jeunes de mon âge, j’ai tendance à me raconter des histoires, des contes dont je suis le héros et dans lesquels m’arrivent toute sorte de choses merveilleuses et fantastiques.  Faisant donc preuve de cette imagination débordante, commune à tous les enfants, j’éprouve pourtant très vite des sensations qui ne paraissent appartenir qu’à moi. Par exemple, monter au premier étage seul chez mes grands parents m’est difficile. Cet appel curieux à découvrir cette partie de la maison inexplorée, se heurte à un malaise qui commence des que je me présente en bas des escaliers. Accompagné, j’ai gravis un jour cet escalier sinueux. Arrivé en haut des marches, face à moi, se dresse une penderie rudimentaire en tube plastique. Je lève alors les yeux et aperçois, confortablement assis, une poupée de porcelaine, qui semble amusée de mon regard inquiet. A gauche, un couloir mène à plusieurs chambres inoccupées, du moins en apparence, car plus j’avance dans ce couloir, et plus l’atmosphère s’alourdit. J’ai l’impression d’être observé lorsque je dépasse toutes ces pièces, lesquelles n’ont pas de portes. A tout moment, je m’attends à voir surgir quelque un! Inutile donc de préciser que je préfère déguerpir, on est mieux en bas de toute façon, et je ne peux  pas expliquer pourquoi. Ce genre de ressentie n’est pas réservé à ce seul lieu. A la maison j’ai également parfois des sensations étranges … Quand j’en parle aux adultes autour de moi, leur analyse reste simple, et vise évidemment à me rassurer. 

Les grandes personnes à qui je me confie, rationalisent et tentent systématiquement de me convaincre qu’il n’y a rien ni personne sous mon lit ou dans le placard, que ces voix sont simplement imaginaires, et que, en allant avec le temps, mes craintes s’estomperont, et finalement, disparaîtront… Mes parents notamment, prennent le parti d’en tenir principalement la télévision responsable, et n‘y prête pas plus attention. Et après j’entends dire  que la vérité sort de la bouche des enfants! 

Ainsi, chaque soir en entrant dans ma chambre, le rituel reste immuable. Question d’instinct de conservation sans doute. Toujours est-il qu’il m’est impossible de dormir, ni même me coucher sans un rapide coup d’œil dans les divers recoins de la chambre, aux seuls endroits susceptibles de dissimuler l’objet de mes angoisses! Les années passent, je grandis dans ce contexte,  et cependant, je capte toujours des messages dont j’ignore le sens ou même l’origine. Ces voix intérieures et les signes visuels dont je suis témoin se manifestent par intermittence, et me laisse somme toute  suffisamment de répits pour que je puisse m’épanouir, presque normalement, dans ma vie d’enfant… 

Comme cela arrive parfois dans une famille, mes parents se séparent. C’est alors une épreuve à vivre car j’ignore tout du mot divorce, et de ce que cela implique. Je découvre alors la possibilité qu’une vie puisse exister, ou plus précisément deux vies, une avec maman et l’autre avec mon père. Commence alors à s’écrire des souvenirs, soit avec l’un, soit avec l’autre, mais plus jamais tous réunis. Sans avoir eu vraiment le temps d’intégrer ce changement brutal de repères, les événements s’enchaînent.  Ma mère rencontre un nouvel amour, et une fois sur de leurs sentiments l’un pour l’autre, nous déménageons. A peine franchis le seuil de ma nouvelle maison, je perçois tout de suite une atmosphère pesante. Il se produit alors quelque chose d’inhabituel. Pour la première fois, je comprends ce que je ressens, comme un éveil. Je décrypte les sentiments qui me parviennent, je perçois tout ce mal-être dont les murs sont encore imprégnés. Les restes douloureux du premier mariage de mon beau-père errent dans la maison. Et, par la force des choses et puisque c’est mon nouveau foyer, je subie ce mal-être durant quelques mois. Jusqu’à, tout de même et au fil du temps, parvenir à y faire entrer le soleil… Notre famille est assez nombreuse, je suis moi-même le dernier d’une fratrie de trois  frères, et oncles, tantes et cousins vivent plus ou moins à proximité de chez nous. Avant notre déménagement, nous vivions également dans le même village que mes grands parents maternels, ce qui fait que j‘avais avec eux des liens très forts. 

Aucun jour ne passait sans que nous nous rendions visite. Personnalité incontournable de la commune, mon grand-père était le cantonnier de notre village, et même si je n’aie pas connu cette époque-ci, ce que je peux en dire, c’est que c’était un être d’une grande gentillesse. Aimable, prêt à rendre service, présent au moindre faux pas d’un ami, il était apprécié de tous.  Je le reverrai toujours dans son petit garage, si petit qu’il ne pouvait guère contenir plus d’une ou deux bicyclettes. On n’y a accès que par une petite ruelle, qui mène également à l’une des deux entrées de la maison, et c’est son endroit à lui. Il y passe le plus clair de son temps, à réparer tout ce qui en a besoin, ce qui n’en a pas besoin aussi d’ailleurs! Hormis cela, c’est un grand amateur d’air frais. Il avait opté pour un travail à l’extérieur, car il n’aurait jamais pu s’épanouir enfermé, et souvent, pendant son temps libre, il part se vider la tête à la pêche. Je ne le comprends pas tout de suite, mais la maladie est en train de s’emparer de lui. Au bout de quelques mois, elle finit par lui ôter la vue. Je me sens alors investis d’une mission, devenir ses yeux, et c’est ainsi que, chaque jour après l’école, le week-end ou durant les vacances scolaires, nous partons prendre l’air à travers les rues du village. Je le guide et découvre le sens du mot responsabilité, dans la confiance qu’il a en moi,  le devoir de le soutenir, et le prévenir des dangers. Parfois, au détour d’une rue, nous rencontrons un ami, ou bien nous faisons une halte chez l’un d’entre eux, afin que sa cécité ne le prive pas pour autant de son entourage. Bien que rapidement fatigué, chacune de ces sorties était une victoire sur la maladie et tout ce qu’elle essayait de lui prendre. L’essentiel étant qu’elle lui en prenne le moins possible. 

De retour à sa maison pour le goûter, il se dirige immédiatement à tâtons vers le placard renfermant le chocolat, son plaisir quotidien. Aveugle, il conserve cependant quelques capacités un petit peu spéciales. Un soir, en vacance à Montpellier, chez ma cousine, celle-ci avait fais de la soupe pour le diner. Lorsque j’ai voulu me servir, la soupière a glissé de mes mains et a basculée sur moi. La soupe bouillante s’est alors déversée sur mes jambes, et mon pyjama en nylon a littéralement collé à ma peau. La douleur fut très intense, les larmes coulaient abondamment sur mes joues, et mes atroces cris résonnaient déjà dans toute la maison quand mon cousin a tiré d’un coup sec sur le pantalon de pyjama, qui commencer à faire corps avec moi. La peau déchirée, brûlée, rapidement le médecin est arrivé. Il a à peine réussi à soulager ma douleur avec des anti-inflammatoires et des pansements. Inconsolable, les vacances furent donc plus courtes que prévues, et nous sommes revenus dans mon village à Pailhes. Mes grands-parents m’ont alors rendu visite, et c‘est à ce moment que mon aïeul a véritablement réussi à soulager ma douleur, stoppant le feu par des gestes dont il avait le secret. L’effet fut immédiat, et il ne subsista que les cicatrices. 

Finalement en quelque chose comme une année, il est parti…  Ce fut un à nouveau un choc émotionnel, entraînant une évolution de mes facultés, une clairvoyance psychique et spirituelle accrue, qui me conforte dans la réalité de ce que je perçois. Ainsi, malgré tant de bouleversements dans un court laps de temps, une porte, un espoir s’ouvre à mes yeux. 

Les études ne sont pas mon point fort. J’avais peut-être besoin d’un peu plus d’attention que les autres, besoin que les professeurs m’intéressent davantage aussi. Mon esprit était bien souvent ailleurs, et je percevais mal  l’époque l’intérêt de leurs enseignements. Je ne les en blâme pas, de leur propre aveux, faire cour dans des classes trop nombreuses est très difficile. Avec une trentaine d’enfant ou plus, ceux qui ont du mal à suivre restent sur la touche. 

Pourtant je sens en moi une envie de créativité, un besoin de me donner des perspectives. Mon choix s’arrête finalement sur la gastronomie. De fait, j’intègre donc une école de cuisine. Peut-être ainsi, après quelques années d’initiation, je pourrais acquérir mon propre établissement, former à mon tour des apprentis, voyager et ramener des recettes du monde. Je me sens sortir de ma coquille, du moins le bout des oreilles… En ce temps la, je ne suis pas majeur, je passe donc un week-end sur deux chez mon père, et j’en viens parfois à me demander qui est l’enfant. Une nouvelle vie s’est également offerte à lui, il habite alors une maison de campagne, loin des bruits de la ville, et propice à l’écoute… 

Les champs, la rivière, la forêt, cet environnement apaise mes angoisses. Tout y est calme, paisible, et il m’arrive régulièrement de m’asseoir, m’imprégnant de la quiétude ambiante, perdant même parfois toute notion de temps. Une thérapie, une échappatoire, je m’isole dans ce monde, seul dans ma tête, dans mon univers, et l’esprit de la forêt me permet d’accéder à ce coté du miroir où tout est visible. Ici tout est vrai, rien ne m’est caché, et je comprends de mieux en mieux beaucoup de choses. Même mes nuits sont plus sereines.  

Chez mon père, ma chambre est située à coté de la cuisine, et lorsque la porte est ouverte, la télévision donne directement face à mon lit. Mon père a l’habitude de débrancher la télévision chaque soir, par crainte des orages. Un matin où il était parti à la pêche, je me retrouve seul à la maison. La, en ouvrant les yeux, sur l’écran noir, je distingue… un visage! Par réflexe, je frotte mes yeux. Le visage est toujours la ! Je ne connais pas cet homme, pourtant ses traits me sont familiers. Une décennie a passée depuis le début de mes perceptions, mais cette vision me perturbe particulièrement et me poursuit des semaines durant. Sur les murs, les miroirs, les télévisions, partout je vois ce visage, accompagné parfois d’ombres, mettant en scène des figures, des gestuelles apparemment dénuées de tout sens. Cette vision, à priori incohérente, m’a déstabilisé sans que je puisse expliquer pourquoi, déjà du fait qu’elle se répète plusieurs fois par jour, mais aussi parce que ce visage inconnu ne semble pas l’être vraiment… Cependant, impossible de me rappeler de qui il s’agit. 

A la longue, les choses finissent tout de même par se tasser un petit peu. Progressivement, les visions de ces ombres et de ce visage se font de moins en moins présente, peut-être inconsciemment ai-je bloqué et me suis empêché de le voir. Jusqu’au jour ou, au cours d’une visite chez l’un de mes frères, allez savoir pourquoi, je porte mon attention sur une cassette audio. Je reconnais tout de suite le visage de l’homme en photo sur la façade. Aucun doute possible, ce visage, c’est celui de mes visions! Une immense énergie en moi se fait alors ressentir, je peux maintenant trouver des éléments de réponse cohérents avec ce que mes facultés m’ont montré depuis des mois! 

De retour chez moi, la cassette en poche évidemment, je m’empresse de l’écouter. Une fois, deux fois… C’est une révélation, plus rien ne pourra jamais plus être pareil. Dès lors j’ai faim de connaissances. J’ai besoin de savoir ou d’en savoir plus en tout cas sur le pays dans lequel vit cet artiste… L’Afrique du sud, et plus globalement l’Afrique toute entière, cet immense continent qui semble oublié, méprisé parfois par les occidentaux que nous sommes. Je découvre les rudiments de leur médecine en m’intéressant aux sorciers sangoma, qui utilisent les plantes depuis des générations comme remède à tous leurs maux, un savoir transmis uniquement de bouche à oreille, les  initiations des l’enfance à leurs coutumes ancestrales et rites immémoriaux. Ils accordent beaucoup d’importance à l’autre monde, au cours de réunions nocturnes, les transes se succèdent. C’est parfois à ces occasions qu’un message des anciens se révèle. C’est leur façon à eux de canaliser et de communiquer avec leurs ancêtres. 

Cela me fais du bien de m’ouvrir à une culture totalement différente de celle que j’ai toujours connu. Je m‘épanouis dans cette quête de savoir, je deviens un autre, je souris aux gens et à la vie. Désormais, le zoulou vibre en moi… 

                                                                                           

afrique002.gif          HISTOIRES AFRICAINES 

           

 L’Afrique est un continent immense, magnifique, mystérieux, unique. Son biotope est très diversifié, et de nombreuses espèces végétales et animales ne se retrouvent pas ailleurs. C’est d’ailleurs cette singularité qui fait apparaître à mes yeux l’Afrique toute entière, comme un patrimoine appartenant a chaque être Humain. 

Et pourtant, dès les débuts de l’ère industrielle, les richesses de ce continent vont attirer la convoitise d‘esprits avides, en provenance du nord de l‘Europe. Et le sud si lointain ne sera pas épargné…  Colonisé par les néerlandais dès le XVIIe siècle, l’Afrique du sud apparaît sur le globe comme un point stratégique du commerce maritime international. A l’extrême sud, le cap des tempêtes, plus connu sous le nom de cap de bonne espérance, constitue ainsi une escale à mi-parcours pour les marins se rendant aux indes lointaines. Ainsi, deux siècles après la « découverte » de l’Afrique du sud par des navigateurs portugais, soit disant « guidé par Dieu », les européens viennent indexer ce pays aux ressources extraordinaires, évidemment sans aucuns scrupules vis-à-vis des peuples locaux. Les premiers colons néerlandais qui viennent s’y installer découvrent un peuple vivant au rythme des coutumes ancestrales, respectant la nature, et vénérant des dieux aux travers de rites sacrés. Sans résistance notable, ils y fonderont « la colonie du cap », destinée à ravitailler les navires à mi-chemin de la route des Indes. Mais en tant qu’étape de transit maritime pas forcément rentable, la colonie du cap deviendra progressivement, encouragée par la principale compagnie hollandaise, une colonie de peuplement. Pas seulement d’origine hollandaise mais également française, anglaise, etc.… Néanmoins, quelques deux siècles après l’arrivée des premiers colons sur la terre préservée d’Afrique du sud, des conflits entre blancs et noirs commencent à éclater. Ces derniers ne pourront pourtant offrir que peu de résistance face à la puissance de feu occidentale, et  nombre de tribus sont alors pourchassées, massacrées, sans compter que l’homme blanc apporte son lot de maladies inconnues sur ces territoires lointains, ce qui contribue à décimer les populations vivant là-bas depuis des millénaires. 

Début du XIXe siècle, l’Afrique du sud est aux mains des britanniques. Émerge alors le Mfecane, l’empire zoulou dirigé par Shaka qui, fort de ce fin stratège militaire, infligera pour la première fois de cuisantes et humiliantes défaites aux anglais.  Face à cette rébellion en marche, les colons vont rapidement s’organiser, et œuvrer à l’élaboration d’un système leur permettant de s’approprier les richesses du pays, « légalement ». Vers le milieu des années 1950, le Parti Nationaliste Unifié, sous l’égide d’un pasteur, remporte la majorité des sièges au parlement, et l’homme d’église est fait Premier ministre. L’idée directrice de cet homme et de ses partisans, pour envisager à leurs avantages l’avenir du pays, est la séparation des races. De cette idée naît l’apartheid, régime sous lequel sera promulgué, année après année, un vaste ensemble de lois, toutes plus injustes et inhumaines les unes que les autres. Rapidement, le mariage mixte est purement et simplement interdit, loi qui s’étendra ensuite à l’interdiction des rapports sexuels entre membre de communautés différentes. Puis, de nouvelles lois, les différents groupes identifiés sont regroupés dans des zones, pour éviter le mélange. Les non-blancs de plus de 16 ans, Métis, Indiens et Noirs doivent obligatoirement disposer d’un laisser passer appelé « pass », sans lequel circuler en ville devient illégal… Jusqu’aux transports en commun ou place publique, tout est fait pour éviter les contacts  et les échanges entre les ethnies. Comble de la bêtise humaine, l’éducation entre dans la ligne de mire du régime, et il est ainsi décider de dispenser des programmes scolaires spécifiques selon la couleur de peau des enfants…   

Le pire et le meilleur de l’homme se côtoient dans ce pays, l’apartheid, aboutissement d’un plan de conquête digne des croisades de la part de ceux qui fonderont plus tard l’Europe. En face de la solidarité instinctive des africains et leur culture sans rejets, qui réclament simplement leurs droits d’être humains. 

afrique2010.gif            BRISER LES BARRIERES 

          

  Dans ce contexte survivent beaucoup de gens, grandissent beaucoup d’enfants. Les conditions de vie ne sont pas faciles, et pour certains, la faune et la flore sont une échappatoire, un continent plein de merveilles à explorer. 

C’est le cas du jeune Jonathan, qui supporte mal ce système de ségrégation raciale, et s’exile des qu’il le peut dans la savane. Hors de la ville, il sait, il sent que ce qui l’appelle le dirigera vers un destin hors du commun… Ce qu’il va chercher est à la portée de tout un chacun, dans la nature la vie avec un grand V s’exprime, permet de retrouver les traces du temps passé et de recréer l’harmonie intérieure en faisant corps avec elle. 

Ce que j’ai vécu enfant trouve un sens encore aujourd’hui dans ma vie d’adulte, ce sentiment d’harmonie au sein de la nature est suffisamment ancré en chacun d’entre nous, de part nos origines, qu’il ressurgit instantanément et instinctivement dès lors qu’on « prend le temps » de respirer un peu d’air pur. La jungle urbaine nous happe, nous conditionne à vivre les uns sur les autres. C’est le royaume du pas de temps à perdre, et pourtant on se surprend à se dire, lors d’une simple balade, le profond sentiment de bien-être qu’on éprouve. Puis on se promet d’y venir plus souvent. Mais l’homme a la faculté d’avoir une mémoire sélective et applique sa promesse dès que possible, au supermarché du coin par exemple. Il est si simple de se fuir! Johnny lui, de retour sur les sentiers battus que sont les villes d’Afrique du sud, en ressort aussitôt en pénétrant les hostels, ces lieux ou se retrouvent les travailleurs zoulous pour danser et chanter. Seules les autorités voient d’un mauvais œil qu’un jeune blanc se mélange à cette population, sa culture, et se frotte aux dangers potentiels qu’elle représente à leurs yeux. 

Mais la multiplication des arrestations, accompagnées de remise en liberté sous caution, n’auront jamais raison de cet irrésistible appel, simple et naturel pour ce petit homme à qui nul ne peut dicter sa conduite. Il connaît parfaitement ce régime dictatorial et se moque de lui, le compare à un animal qui se nourrit, dort ou bien se met en colère. Il arrive ainsi à se jouer de lui, à glisser dans les trous du système et éviter nombre de déconvenues du à son ouverture d’esprit. Au fil des années, il assimile une seconde culture qui finit par devenir sa nature première, les premières pierres du sens de sa vie. Les repères qu’il cherche depuis tout jeune, il les trouve au sein de cette communauté, dans ces ambiances si chaleureuses, ou la virilité masculine s’exprime pleinement au travers des danses guerrières. Le machisme qui jaillit de cette culture n’est pourtant qu’apparence, car la femme y tient son rôle. Outre l’éducation des enfants, elle assure le ravitaillement, prépare les repas. Elle gère également le budget et organise la vie de toute la famille. La danse reste cependant un exercice très masculin, ou ces messieurs peuvent justement tenter d’être remarqué par les dames. En Afrique, on danse souvent contre quelqu’un, en équipe. Lorsque les teams de danse se défient, tout disparaît autour. Plus rien n’existe. Seul l’état d’esprit prévaut, et remporter la victoire sur le clan adverse devient presque vital, malgré que l‘affrontement reste fictif. Ainsi les danseurs se focalisent sur un néant psychique, et seuls les gestes et chorégraphies symbolisant l’état de guerrier sont jugés par l’assemblée. Malgré un environnement différent, ces cérémonies n’ont rien à envier à celles qu’orchestraient les premières cultures tribales, tant au niveau de leur intensité, que dans la variété des mouvements. Les prestations des deux clans terminées, les vainqueurs sont désignés par les hurlements et les cris les plus virulents et tout le monde fait la fête ensemble, vainqueur et vaincus. A force d’assister à ces événements, Johnny s’initie avec foi et pugnacité et se fait remarquer pour ses performances. Surtout pour un blanc! 

Il attire à lui la sympathie de ses pères spirituels que sont ces habitants des ghettos de Johannesburg. L‘un d’entre eux commence alors à lui enseigner la guitare et les rudiments de la musique zoulou. Un enfant noir de son âge devint très vite son meilleur ami et son compagnon de danse. Naviguant entre les études et les hostels, Johnny sait maintenant que son évolution sera indissociable de son coté artistique assimilé depuis tout jeune au contact des zoulous. Lui, l’apartheid ne le convertira pas. Johnny grandit dans ces conditions, et devient un homme. Il comprend mieux à présent l’environnement social, les enjeux politiques et économiques, ces trois courants qui dirigent le pays depuis de nombreuses décennies. Mais ce pays, son pays, gronde, la pression monte car la nouvelle génération commence à se rebeller. Dans les années 1960-1970, c’est une véritable révolution qui s’opère, avec pour cible toutes les injustices atteignant les hommes et les femmes, dans leur dignité et leur intimité. 

Les noirs se réunissent par centaines devant les commissariats et brûlent leurs « pass », sans lesquels ils ne sont pas autorisés à circuler en ville, sous peine d’être jetés en prison avec toute la délicatesse et le respect du a leur « rang »… Pour toute considération de cet acte hautement symbolique de protestation, ils obtiendront surtout un feu nourris sur la foule, qui ensanglante les rues. Il est probable que certains blancs auront pu alors, à cette occasion, constater que sous leurs peaux noires coule du sang rouge, comme le leur… C’en est trop, le régime va trop loin. 

Au nom de qui ou de quoi peut-on instaurer et entretenir un système éducatif, social, en fonction d’une couleur de peau? L’abolition de toutes ces injustices devient désormais une raison de vivre. Ou de mourir… Johnny lui est bouleversé par tant de haine et prend naturellement part au combat au cotés de ses frères. Il va le faire en chantant, sa guitare, ses textes comme seules armes et sa voix pour le crier au monde! Au milieu des années 1970, il fonde son premier groupe aux influences anglaises et zouloues. Ainsi l’anglais lui permettra d’être entendu aux quatre coins du globe, et le zoulou en témoignage de son affection pour son pays d’adoption. La censure est bien sur de la partie mais, malgré cette gêne, le succès ne tardera pas à se faire attendre. Leurs morceaux sont repris comme des hymnes à la liberté, encourageant à ne pas baisser les bras, et s’adresse à l’ensemble de la population, aussi bien pour les noirs que pour les blancs. Sur le plan national, les échos de cette musique métissée se propage rapidement dans les hostels pour envahir, telle une traînée de poudre pleine d‘espoir, chaque ville et chaque quartier. En revanche, sur le plan international, les débuts sont plus timides, non du fait de la qualité musicale ou du choc des cultures, mais plutôt du barrage du pouvoir, pourtant déjà critiqué et condamné ouvertement par la plupart des démocraties. Mais les mailles du filet sont bien larges et la cause trop importante,  trop juste, le monde doit savoir et ne peut plus attendre! 

Une fois dénichée une maison de disque assumant  les risques de diffuser sa musique, Johnny se produit hors des frontières, au Canada, aux Etats-Unis, en Allemagne… 

Les albums sont très bien reçus, notamment en France, peut-être parce que les atrocités qu’il dénonce rappelle à la mémoire collective la honte pas si lointaine de l’époque des colonies et de l’esclavagisme. Du temps de son second et actuel groupe, il dédiera tout spécialement à ce public une chanson en français, un message simple, une leçon sur l‘attitude à adopter lorsque se présente des épreuves: garder la tête haute et ne pas sombrer dans la négativité, penser qu‘après la pluie vient forcément le beau temps. En tant qu’artiste accomplit, Johnny aime à varier les styles et prendre des risques. Bien entendu, il maîtrise aussi parfaitement les morceaux aux consonances typiquement africaine, et s’essaye aussi brillamment dans d’autres registres, tantôt rock avec un rythme très soutenu, tantôt mélancolique avec dans la voix cette sensibilité qui s‘écrit à fleur de notre peau. Il sait aussi faire preuve d’humour tout en dansant ses chansons, et les millions de personnes, qui compose son très large public, et qui sont venues le voir sur scène, ont toutes étaient charmées par son humilité et la noblesse de son cœur. 

Sans compter qu’à chaque concert, quelque soit la taille de la scène, Jonathan s’approprie l’espace. Ainsi L’Afrique fait face au public, debout et sans censure…    

 afrique012.gif            L’ENERGIE DU GUERRIER 

            Les conversations de la foule se mêlent et génèrent un brouhaha, on ne s’entend presque plus parler. A cet instant, l’attente est ressentie par tout le monde. L’attente est un sentiment étrange, le temps dans ces cas la, parait s’allonger, presque s’arrêter. La seule preuve du contraire à cet instant est la descente progressive du soleil. Progressive mais si lente! Mes jambes engourdies par ce qui parait être des années à rester debout, me reprocheraient presque d’être venu si tôt. Mais peu m’importe leur avis, ce rendez-vous est tellement rare qu’il mérite bien un peu de patience et d’abnégation, sans compter qu’elles auront sous peu l’occasion de s’exprimer! Tout à coup, les portes s’ouvrent enfin, j’échange mon précieux ticket et prend place, ma place c’est-à-dire au plus proche de la scène. Ainsi je n’aie pas attendu en vain. Soudain la lumière s’éteint, mon corps, comme tétanisé, ne réagit plus. Des frissons m’envahissent et le silence s’installe l’espace d’une seconde, la plus longue… La scène s’anime alors, des ombres prennent place derrière leurs instruments respectifs, et succède à la première note l’entrée sur scène du messie! Tonnerre d’applaudissements, la foule s’embrase dans une seule et même énergie, Johnny commence son concert! Le show est tout de suite très prenant, les corps se libèrent et commencent à danser presque malgré eux, timidement au départ, jusqu’à se laisser pénétrer complètement par le charisme de l’homme et la qualité de ses musiciens. On sent qu’il vit sa musique, son premier concert remonte à déjà bien des années et pourtant il chante et danse avec la même magie que la première fois. C’est qu’il a préparé cet instant bien plus tôt auparavant, avec ses propres rituels, « ses repères » qui lui permettent de se conditionner de la même façon à chaque représentation. Une tasse de thé, une bonne douche précèdent quelques minutes réservées aux lieux et gens qu’il aime, un hommage intérieur qu’il ne manquera pas d’extérioriser et faire vivre, pour et par l’émotion du public. Paradoxalement, c’est entre ses morceaux qu’on le ressent le plus, il raconte l’histoire de ses chansons avec une clarté si limpide que son univers en est accessible à tous. Son code, tout le monde le déchiffre, il fait d’ailleurs l’effort de parler en français, l’assistance lui soufflant parfois le mot qui le fait piétiner, ou le reprenant, après un éclat de rire général, sur un terme magnifiquement écorché. Après chaque aparté qui est un moment rare et vrai, le prophète de la liberté enchaîne avec un accord de guitare, et le spectacle suit son cours. A l’inverse des instants qui précédaient le concert, ces moments privilégiés défilent intensément à une vitesse fulgurante, et je me refuse à penser que la fin est déjà proche. Tous ceux dans les gradins qui composent le public, sont unis dans un même élan d’humanité, et nous sommes tous africain à cet instant. A droite, à gauche, au centre, il chante, danse, joue de la guitare avec ses musiciens. Il tend le micro vers le public pour nous engager à chanter avec lui. Chaque as sur scène est pour lui un pas en avant, pour continuer de faire évoluer les mentalités, en particulier auprès de ceux qui le découvre. Festival de lumière et de couleurs, on croirait qu’une tribu toute entière est sur scène, et il bouge son corps en pratiquant ces danses qu’il a mit tant de temps à apprendre, et plus encore pour en comprendre le sens. Au moment du rappel, la transe ressentie par la foule toute entière atteint son paroxysme, se l’approprier quelques minutes de plus devient naturel. Son répertoire est tellement vaste que j’attends et espère de lui qu’il repousse encore un peu plus le moment fatidique. Mais il n’en reste pas moins un homme, et après un dernier salut à la foule, Johnny rejoint définitivement les coulisses. Le guerrier a mérité son repos…       Le concert terminé, les gradins se vident lentement, un peu comme dans le générique d’un film. Je reste pourtant à ma place, les yeux rivés sur la scène sans vie. Aucune pensée ne me traverse à cet instant précis. Puis, se manifeste une foule de sentiments en moi, la joie, la plénitude, l’harmonie après avoir vécu ces instants magiques mais aussi une immense tristesse, un désert affectif qui me fait réaliser que, malgré la place importance qu’il tient dans mon cœur, il ne m’aura pas vu… Partir m’est pénible, je continue de fixer la scène. Qui sait, peut-être va-t-il revenir chercher quelque chose, un objet oublié et cette possibilité alimente mon espoir. L’amphithéâtre est bientôt vide, et je finis par me résoudre à m’éloigner de ma place et rejoindre la sortie, ce qui ne m’empêche pas de me retourner, des fois qu’il profiterait de cet instant d’inattention pour venir récupérer sa bouteille d’eau. J’aurais voulu échanger un regard, un sourire, quelque chose qui m’aide à supporter l’attente jusqu’au prochain rendez-vous. Je crois en fait que j’ai simplement besoin de lui dire merci, merci pour cette passion, merci pour tout ce qu’il partage et offre au monde, merci pour avoir écouter son cœur et ne pas avoir fait le jeu des politiciens dans son pays, merci de continuer le combat! Je descends à présent les marches et sort de l’enceinte en ravalant mes mercis, mon âme est restée aux abords de la scène, en témoigne ces visions à l‘intérieur de ma tête, comme quand il a raconté le contexte dans lequel il a écrit la chanson dédiée à sa sœur disparue… Des échos de chansons s’entrelacent et résonnent en moi, un peu comme un rêve qui s’estompe au fur et à mesure que l’on s’éveille.        Ces origines de musique africaine zouloue que j’ai découverte avec cet artiste, me sont apparues comme une réminiscence d’une vie passée, dès les premiers instants d’écoute de la cassette, et de façon autrement plus flagrante en concert. Auprès d’un peuple similaire peut-être? Toujours est-il que cette musique, ces paroles éveillent en mon âme des énergies qui dormaient en moi. La musique a ce pouvoir de réveiller parfois en nous des espoirs, révéler des prises de conscience. Dans mon cas, j’ai des lors commencé à m’ouvrir au monde, au respect des gens qui m’entourent, ainsi qu’envers moi-même! Au travers de ces sonorités culturelles dont j’ignorais la teneur ou même l’existence, par l’harmonie que dégage cette tribu, leurs croyances, la stabilité de ces hommes dans un environnement hostile, dénué de tout confort matériel et inutile, j’étais toujours seul… mais avec eux! Ces vibrations tribales sont pour moi une source perpétuelle d’énergie universelle, une clarté sur un monde fermé et obscur, mais pas désespéré… Johnny apporte sa contribution pour le maintient de l’espoir, nombre de ses chansons me transcendent, résonnent en moi et sur moi comme un tatouage imperceptible mais permanent. De lui, j’ai hérité d’un faciès sérieux de prime abord. Mais sous cette couche protectrice se dissimule avec peine, pour lui comme pour moi, un coté romantique, idéaliste et rebelle.     A vingt ans, à travers lui, j’ai déjà acquis la souffrance d’un peuple. Aujourd’hui j’ai la trentaine, les gens me regardent et voient quelque un de posé, réfléchit, sage. Il n’en a pourtant pas toujours été ainsi. Le jeune adulte des années 90 que je suis est troublé, c’est en fait le mot qui me définie le mieux. Fruit de deux décennies chargées en expériences pas toujours bienheureuses, faites de peurs et de joies qui ont façonnées un être socialement compliqué, volontaire pour tous sujets de discorde et excellant dans l’art de contredire, par envie ou besoin d’imposer mon avis, se lier d’amitié avec moi est quelque chose de délicat. Quand à ma famille, c’est au quotidien de beaucoup de patience et de compréhension dont-ils font preuve pour me supporter. Le passage de l’adolescence au statut d’adulte est difficile, avec du recul quant j’analyse, je pense que les phénomènes spirites, subis tout au long de mon enfance ont amplement contribués et amplifier cette rébellion en moi. C’est certainement pour cela que, parvenu à l’âge adulte, au stade où on veut que son avis pèse dans les conversations, j’imposais mon avis sur tout et rien. Et surtout sur rien d’ailleurs! C’est donc comme cela que, en croyant parler d’égal à égal avec mes pairs, je faisais une ridicule démonstration de puérilité et d’enfantillage. Du coup je perdais ma crédibilité, et lorsqu’il s’agissait de parler de sujets rarement évoqués, je continuais de ne pas être pris au sérieux.                                                                   

  bb22.gif          PREMIER PAS DANS LA VIE 

J’ai alors peu de loisirs dans ma vie, peu d’intérêt pour la scolarité, je suis rapidement le chemin de l’école hôtelière. Cela résume mon emploi du temps à trois semaines chez un patron chez qui j’apprends le métier de cuisinier traditionnel et une semaine à l’école ou je garde un pied dans les matières basiques, avec en plus un à deux ateliers pratiques de cuisines gastronomiques. La principale difficulté alors est de conjuguer cuisine traditionnelle et cuisine gastronomique, parce que je passe trois semaines à cuisiner des plats de tous les jours, et revenu à l’école, le temps d’évaluations, je dois apprendre et élaborer des plats qui demandent beaucoup de temps et de minutie, allié à une présentation impeccable. Pas de droits à l’erreur donc, mais je prends le travail à cœur, je fais preuve de cette bonne volonté qui me faisais défaut  jusque la et me stabilise car mes perspectives d’avenir s’éclairent enfin. Quand j’y pense, je ne souhaiterai pas repasser par cette période, je me rends compte de tout l’Amour qu’il a fallu à mes proches pour qu’ils ne m’éloignent pas d’eux. Je me rends compte petit à petit  que je suis capable, que je peux obtenir mon C.A.P, et je décide de me  le prouver à moi-même mais aussi à mon entourage. Suite à deux ans d’efforts, j’obtiens presque sans surprise mon diplôme! 

Le service militaire n’étant pas encore aboli, je suis rapidement appelé sous les drapeaux. Je fais donc mes classes ou je suis bien forcé d’être formé à la discipline militaire. Une mentalité particulière, ou il est question d’être formaté en tant que soldat. Cela comprend, entre autre, d’obéir aux ordres sans réfléchir, même si ces ordres sont en totale contradiction avec les idéaux et les valeurs en lesquelles on croit. Le rythme est toujours très intense, la journée débute à 5h du matin, les lumières s’allument, les sommations de se lever fusent, à grand renfort de mots inconnus du dictionnaire. En moins de cinq minutes, tout le monde doit être debout, « lavé, rasé, branlé » comme ils disent, les lits fait au carré, les armoires impeccablement ordonnées, et nous tenir tous aligné, au garde à vous en attendant le passage en revue du dortoir tout entier. Les nerfs sont mis à rude épreuve, et même les casiers luxueusement rangés sont aléatoirement saccagés car rien ne saurait jamais être assez parfait aux yeux des petits chefs…  La vie civile et le contexte militaire sont diamétralement opposés, la transition s’avère difficile, particulièrement les premiers temps. Le jeune homme asocial que je suis est vite vaincu, obligé pour la première fois de prendre sur lui et de rabaisser son caquet. Néanmoins la révolte ne se détache pas de moi, elle demeure et s’intériorise. Et somme toute, pour une fois, je ressens mon exaspération complètement légitime. Je suis ici pour apprendre à manier des armes, les nettoyer durant des heures interminables. Bref j’apprends comment tuer des gens bien malgré moi, car j’ai beau avoir un sale caractère, la guerre est tellement loin de ce que je suis. Dans les moments où j’accuse le coup, je pense à Johnny et cela m’aide. Pour eux le prix de la liberté est la mort au combat alors qu’une simple guitare peut faire reculer des chars. J’en suis sur, c’est le genre de phrase qu’il se serait dit s’il avait été ici avec moi…   

Passé un mois dans ces catacombes psychologiques, la question se pose de nous affecter au poste qui correspond le mieux à chacun d’entre nous, d’après nos profils et nos compétences. En ce qui me concerne, le contexte purement militaire s’efface quelque peu, je suis affecté à l’ordinaire (cuisine), échappatoire logique au vu de mon cursus, qui me libère partiellement de ce que je vis comme une détention psychique. Ça va  alors un peu mieux pour moi, des lors que je pénètre à l’intérieur de la cuisine, il n’y a aucun membre de la hiérarchie sur mon dos, et la seule mission qui nous incombent, mes camarades et moi, est que les repas soient assurés pour toute la caserne. Je peux, à ce sujet, certifier que l’image de la corvée de patate n’est pas une légende! 

Trois week-ends par mois, je pars en permission ou je fais totalement abstraction  de cet isolement. La vie privée et civile reprend alors naturellement ses droits. 

Au terme du dixième mois, je dirais presque dix mois de perdu, je rends le paquetage, passe le portail une dernière fois et, sans me retourner, je reprends ma liberté. « Engagez-vous, rengagez-vous, qu’y disaient ». Non merci, très peu pour moi! 

Aujourd’hui, je sais que toute chose ou évènement à non seulement des conséquences, mais aussi des causes. Cette période de ma vie m’aura permis de mieux cerner la personne que je suis et non pas celle qu’on veut que je sois. Mes facultés, durant cette presque année, ne sont pas restées endormies. J’ai notamment, au cours d’une nuit eu une prémonition des plus marquantes. En effet, j’ai « vu » une personne travaillant sur une autoroute, se faire happer par un camion et décéder des suites de ses blessures. Étant de permanence ce week-end la, je décide à ce moment la de braver les interdits, et j’appelle alors ma mère pour lui faire part de cet étrange vision. J’ignore le nom de la victime, cependant je sais qu’il s’agit d’un proche. Dans la semaine qui suivi, au cours d’un second appel en catimini, elle m’annonce que la vision a eu lieu. Il s’agit d’un cousin à nous… 

Quand j’y pense, heureusement qu’à l’armée nous étions seulement considérés comme des possibles cibles de première ligne. Je n’ose imaginer, s’ils avaient eu vent de mes capacités, l’importance stratégique soudaine que j’aurais pu avoir pour eux. Oui… heureusement que tout est dans l’ordre des choses… Libéré, relâché du service militaire, je reprends le contrôle de ma vie. Ma priorité fut bien-sur de retrouver un emploi. J’ai fais quelques mois de travail en intérim et je fus recontacté par mes anciens patrons, ceux-là même chez qui j’avais fais mon apprentissage du temps de l’école. C’est un nouveau départ, je réintègre le restaurant en tant que second de cuisine. Je retrouve ma place telle que je l’avais laissé, mes patrons, deux couples d’amis, étaient de bons gérants, dans la mesure où chacun était impliqué dans son travail. L’équipe en place devient rapidement un cercle privé, au-delà du contexte professionnel. Je suis de retour dans une structure ou j’ai ma place à tenir, mon caractère se lisse petit à petit. Je suis autonome, responsable, on me laisse la liberté de m’organiser comme je le veux, et visiblement je le fais bien puisque je ne reçois aucunes remarques désobligeantes. Néanmoins cela n’empêche pas ponctuellement quelques petits conflits lorsque les choses ne fonctionnent pas exactement comme je veux. De ces années je garde une jolie anecdote notamment. Un samedi, un jeune couple est venu déjeuner. A l’issue du repas, ces personnes ont chargé la serveuse de me transmettre leurs compliments comme cela arrive parfois quand je suis en forme. Cela fait, je lui demande alors si elle sait si la demoiselle est enceinte. Ne détenant pas l’information mais connaissant mes capacités, elle retourne à la table afin d’obtenir une réponse à cette question. En effet, de façon visible, rien ne laisse supposer qu’elle attend un heureux évènement et de plus, de ma cuisine, je ne vois pas la clientèle. Bientôt la serveuse, l’air interloquée, et me confirme qu’effectivement la cliente est enceinte de trois mois ! J’ajoute alors que c’est une fille et qu’elle désire s’appeler Marie. De retour à la table pour servir les desserts, mes intuitions s’avèrent à nouveau exactes, à l’étonnement général, à commencer par moi. A la fin du repas, les clients sont venus me trouver et m’ont remercié entre deux prénoms, dont celui que j’avais évoqué. Ce fut un joli moment et j’y pense encore, de temps à autre. 

Je ne m’habitue pas à ces intuitions, je donne les informations telles qu’elles m’arrivent, et de leur exactitude, je suis toujours le premier stupéfait. Il m’arrive toutefois de me tromper, pour des raisons qui m’échappent. J’ai passé de merveilleux moments au coté de gens formidables durant ces douze années à travailler dans ce restaurant. Mais au cours de la dernière année, mes patrons ont vendu l’établissement, à des personnes ne connaissant rien à la restauration. En désaccord avec eux, non seulement sur la façon de travailler mais également sur à peu près tout le reste, j’ai pris conscience à ce moment la que ce métier ne correspondait plus avec mon besoin d’avoir une vie privée, en particulier au niveau des horaires. J’ai donc logiquement décidé de réorienter mon avenir professionnel vers un emploi impliquant des horaires plus faciles à vivre et laissant plus de place à mon développement social, affectif et spirituel. La spiritualité a toujours tenu une place prépondérante dans ma vie, elle est présente depuis l’aube de mes souvenirs, même si à l’époque je ne comprenais pas son rôle et que je me plaçais plus en position de victime vis-à-vis d’elle. Aux alentours de mes 25 ans, muris, assagi par mon vécu, il m’a été donné l’occasion d’ouvrir une nouvelle porte sur l’au-delà. 

Une de mes rares amies qui connaissait mes facultés à recevoir des messages de l’invisible, me sollicitait alors depuis plusieurs mois pour que j’assiste avec elle à une soirée un peu particulière.  C’est ainsi qu’après avoir bien réfléchis, je me suis sentis prêt pour participer à ma première séance provoquée de communication avec les esprits, plus communément appelée séance de spiritisme. Ce soir la, une nuit d’été, le ciel était dégagé, tapissé de millions d’étoiles, et la lumière de la lune éclairait l’obscurité, au point que j’aurais presque pu rouler phares éteints. Arrivé chez mes amis, réunis autour d’un café, nous avons alors commencé par évoquer nos points de vue et sentiments concernant tout ce que chacun avait pu vivre qui sortait de l’ordinaire. La confiance me gagnait au fur et à mesure que le café coulait. Au bout d’une heure environ, nous entrons dans la pièce, au sein de laquelle allait se dérouler le reste de la soirée. L’atmosphère y était légère, sereine. L’air était délicatement parfumé par des encens et les bougies nous inondaient de lumière. Au centre, une table ovale en bois sur laquelle se trouvait une planche, avec inscrit toutes les lettres de l’alphabet, et les chiffres allant de un à dix. En bas à gauche est écrit oui, en bas à gauche est écrit non. Enfin en haut se trouve le mot merci et en bas, au revoir. Au centre, un verre retourné semble attendre que nous prenions place. Novice et innocent, j’attends que nous commencions. Tous nous posons alors notre index sur le verre et, avant la fin de la première minute, celui-ci se met alors à bouger. Je savais à quoi m’attendre, mais la, le phénomène avait lieu devant mes yeux. Le verre se dirigea vers des lettres et écrivit le nom de mon grand-père ! Ce fut une grande émotion pour moi, entre la confusion et la joie. Il me fallu quelques secondes pour revenir à moi et retrouver ma lucidité. Néanmoins, le doute sur l’identité de l’entité était  possible. Pour en avoir le cœur net, j’ai alors posé une question à laquelle seul mon grand-père pouvait répondre. Et il a affirmé ce que j’attendais ! La conversation s’engagea, les rires et les larmes s’alternaient, plus rien autour n’existait pour moi à ce moment la, je sentais tout cet amour presque palpable envahir tout mon être, et je n’étais pas le seul à avoir les yeux humides. Les retrouvailles ont duré une bonne vingtaine de minutes, pendant lesquelles il m’a notamment confirmé qu’il n’était pas étranger à cette force que je porte en moi depuis toujours. Déjà réconforté, j’étais en plus heureux d’avoir la certitude que tout ce que je pouvais voir, entendre et ressentir depuis tant d’années avait une raison logique avec cet instant précis et probablement avec le reste de ma vie à l’avenir. 

Lorsqu’il nous a laissé, nous avons fait une pause, et j’ai su apprécier ce moment à sa juste valeur, tant j’avais attendu de pouvoir lui reparler. Le café d’ailleurs n’avait déjà plus le même gout, la vie elle-même prenait une nouvelle couleur. Les minutes précédentes perduraient en moi, elles font parti de ces instants dans une vie ou les conséquences d’un tel soulagement résonnent à l’intérieur de l’être et le font vibrer de telle sorte que cela s’ancre profondément dans le cœur.     

A l’époque, quand mon grand-père nous a quitté, je n’aie pas pu lui dire au revoir, souvent il m’a manqué, j’avais besoin de lui, et je sais maintenant qu’il était ici, à mes cotés. Je suis heureux de savoir qu’il est dans la lumière, soulagé aussi de n’avoir constaté aucun comportement suspect vis-à-vis des personnes présentes au cours de ces échanges. Car j’ai parfaitement conscience que certaines réunions peuvent avoir des dérives malsaines, voire sectaires. Et le danger est d’autant plus grand que ces gens utilisent la détresse émotionnelle et le mal-être de personnes innocentes pour progressivement les asservir et générer des profits. Passé ces quelques minutes qui ont permis de laisser s’apaiser les émotions, de dissiper un éventuel doute ou toute méfiance, nous rentrons et reprenons place sur nos chaises. D’après l’expérience de mes amis, il apparait que quelqu’un assistant pour la première fois à une séance, devient généralement le centre d’attention. Cela n’a pas fait exception pour moi. 

En effet, pendant le déroulement de la soirée, j’ai fais connaissance avec certains de mes guides spirituels, appelés aussi ange-gardien. J’apprends qu’ils sont parti intégrantes de nos vies, nous aident, nous soutiennent. Ils tachent de nous guider et, bien qu’invisibles, ils sont en fait nos meilleurs amis. 

La séance se poursuit, les autres participants communiquent également avec certains de leurs proches, les messages qu’ils délivrent sont toujours emplie de bon sens et riche d’enseignements.  Les vérités qu’ils abordent nous mettent parfois devant notre façon de nous comporter au quotidien, et nous engagent à faire preuve de davantage de générosité, de patience et de compassion. Il arrive que nous ne comprenions pas, car nous demeurons  des êtres humains, et nos perceptions diffèrent parfois avec eux, qui sont libérés de toute contrainte physique et attachement à des biens matériels. La notion de temps est également abstraite « de l’autre coté ». 

Mais parce que nous conservons le droit d’être têtu, nous avons toujours notre libre-arbitre et restons maitre de nos choix et décisions. Face à des échanges aussi intenses, le temps file à toute allure, la seconde et dernière pause survient. C’est alors le moment de réfléchir de réfléchir à d’éventuelles questions importantes et pertinentes qui trottent dans nos têtes, car la troisième partie sera bien plus courte que les deux précédentes. Au moment de clore, nous sommes remerciés pour avoir participés avec eux et nous nous disons au-revoir. Car ce n’est qu’un au-revoir. 

Il est tard, ou tôt, ça dépend de comment on voit les choses. Nettoyé de toute négativité, recentré, harmonisé, le temps reprend désormais son cours, avec une saveur nouvelle à présent.  Maintenant, une porte est ouverte…     

                                      

  CONSTAT CONTEMPORAIN        11.gif 

           

  

 Le début de l’ère industrielle a marqué le point de départ d’une course effrénée vers le progrès technologique, qui a entraînée logiquement  une explosion démographique, jusqu’à aujourd’hui toujours incontrôlable. Les bateaux et trains à vapeur ont permis aux hommes de couvrir de longues distances beaucoup plus rapidement, et de se propager partout dans le globe. L’exploitation de l’électricité a amenée une température constante et chaleureuse au sein des foyers. Les usines, jusqu’alors sommaires, ont également bénéficiées de ces avancées et ont considérablement améliorées leurs productivités. A débuté alors un exode rural massif, car ces usines demandaient d’importants besoins en main d’œuvre entraînant l’expansion importante des villes pour loger cet afflux d’ouvriers. Les hommes quittent la quiétude des campagnes et commencent à s’éloigner d’eux-mêmes. Les mœurs et les idées changent. 

Nous sommes condamnables pour la façon dont fonctionne notre monde, nous vénérons l’argent. Dieu n’est pourtant pas palpable. Ces bouts de papier tuent en masse chaque jour, pour une poignée d’espoir, obsédé par le besoin de contenter un tas de fantasmes matériels indispensable à notre « degré d’évolution »! Et depuis déjà fort longtemps, tout ou presque est question d’argent, jusqu’à nos besoins les plus élémentaires. Manger, se loger, se vêtir ? Difficile sans argent! C’est pourtant sans honte que nous contribuons tous à faire fonctionner ce système, que nous acceptons ces lois, c’est comme une ombre qui semble ne jamais vouloir voir jaillir la lumière. Et nos élus n’ont en réalité aucun pouvoir face à lui, l’idée même d’abolir l’argent ne leur effleure certainement même pas l’esprit… Quand verra-t-on un candidat à la présidence présenter un programme basé sur des valeurs telles que l’entraide, le partage, le bien de chacun des membres de la société, plutôt que l’égoïsme, la cupidité et le vice. Alors pour se déculpabiliser, on poste un cheque de temps en temps, mais il ne s’agit encore et toujours que d’argent. Seulement l’argent est ce qu’il est, et il n’est pas bénévole… On se cache derrière une vie de masques, des faux semblants de générosité. Le pauvre fait peur, il n’est pas comme nous, qui sait lui parler ou même croiser son regard risquerait de nous contaminer…! Alors que peut-être lui a qui il reste si peu pourrait partager avec un autre le peu de biens qu’il possède, ce qui lui reste dans son cœur. Notre individualité est tellement ancrée en nous que pour faire renaître l’amour de son prochain, il faut en arriver par ne plus rien avoir ou être isolé de tous, subir un formatage de vie en tout cas, vivre des événements qui nous placent en situation de détresse. C’est au cours d’une telle période qu’une personne, mal considérée jusque la, viendra, elle, nous tendre la main. Chez ces tribus que j’admire tant, l’humain est au centre, chaque membre de la communauté met son savoir, sa force physique et mentale au service des siens. Et depuis leurs lointains ancêtres, jamais ce système n’a failli. Seule la civilisation est parfois parvenue à pervertir ces valeurs, à grand renfort d’alcool, de tabac, de jeux, et donc d’argent pour pouvoir assouvir ces addictions jusque la inconnues. 

L’histoire témoigne de la grandeur d’âme des africains, je n’assume d’ailleurs pas la négligence de la part des pays soit disant civilisés à leur égard, négligence qui d’après moi nous coûtera dans l’avenir… Ainsi certains peuples, vivant en harmonie depuis des siècles avec la nature ont vu leur équilibre brisé, en seulement quelques années, et de façon irréversibles. Au vu de ces faits historiques observés aux quatre coins du monde, une question se soulève, peut-être n’est-ce qu’un doute: serions nous trop civilisé?    

  

       UNE ISSUE VERS LA LUMIERE    bougies13.gif               

  Face à ce constat de notre incapacité à nous sauver de nous-mêmes, des solutions s’offrent-elles à nous? Personnellement, je pense qu’une multitude de signes nous montrent tous les jours que le temps joue en faveur de notre éveil. La planète elle-même accentue, d’année en année, de jour en jour, le rythme des catastrophes naturelles. Dérèglement climatique, mauvaise manipulation de notre part? Ou peut-être, des messages, ce qu’on appelle des signes, une façon de communiquer entre l’univers et nous. L’univers… qu’est-ce au juste? Que savons-nous de nous? Il faut admettre qu’on sait des choses. Pouvez-vous imaginer tout ce qu’on ne sait pas?! 

Sommes-nous seuls dans l’univers ? Cette question existentielle, tout le monde se l’aie posé au moins une fois… Notre technologie, communément admise pour être la plus aboutie de l’épopée humaine, ne nous permet toujours pas d’explorer au peigne fin notre propre galaxie, la voie lactée.  Sachant qu’une galaxie moyenne, telle que la notre, compte plusieurs centaines de milliards d’étoiles, et que les astronomes avancent que l’univers serait composé de plusieurs centaines de milliards de galaxies, peut-on penser que la terre seule héberge la vie ? Cela revient à nous réduire simplement en tant qu’anomalie au sein du cosmos, fruit d’un concours exceptionnel de circonstances, pour que la vie puisse non seulement apparaitre, mais mieux se développer et évoluer. Au vu de ces éléments, même si la vie n’était présente qu’au sein d’une étoile sur un milliard, dix, cent milliards… cela laisse à penser, non seulement que nous ne sommes pas une anomalie unique en notre genre, mais que la vie se trouve potentiellement aux quatre coins de l’univers! 

Difficile  de ne pas tenir compte de ces quelques notions élémentaires de probabilité, et il n’est donc pas farfelu de penser que nous ne sommes pas « seuls ». 

Dans ce cas de figure, on peut bien sur imaginer que, dans certaines contrées, l’évolution débute à peine, avec des organismes primaires et dénués d’intelligence ou pensées. Parallèlement, il est également envisageable que certaines colonies se soient développées et ressemblent aux terriens, dans leurs technologies et leurs mœurs. 

Enfin et c’est peut-être le plus passionnant, il est possible que des êtres soient nettement plus évolués que nous. Dans ce cas, ils connaissent certainement notre existence. Pourquoi alors ne se révèleraient-ils pas à la globalité de notre peuple? Une raison peut paraitre évidente : la terre n’est pas un lieu en paix, malgré tout notre passif, de nombreuses guerres témoignent toujours de la cruauté dont les êtres humains peuvent faire preuve entre eux, et de leur absence d’unité. Le nucléaire a fait ses ravages et même si il continu aujourd’hui, il commence à être dépassé par d’autres inventions de mort. De nouvelles bombes « propres », c’est-à-dire aussi puissante que le nucléaire mais sans les retombées radioactives sont développées. Secrètement des armes pouvant agir sur le climat seraient même expérimentées… Sous de telles augures, il serait déraisonnables pour des êtres supérieurement intelligent à nous de se manifester amicalement. Une réaction panique hostile est plus que prévisible à leurs égards, en guise d’accueil. Aucun intérêt, ils n’auraient plus alors qu’à nous anéantir, et ce serait déjà fait si il s’agissait la de leur but… 

Probablement attendent-ils alors que nous cessions de nous faire la guerre, de nous diviser en races, en peuples ou pour cause de croyance légèrement différentes et que nous prenions conscience que nous sommes un seul et unique peuple, celui des êtres humains ! Cette question ne peut donc, à mon sens, pas trouver de réponse à l’heure actuelle, nous sommes trop immatures, probablement considérés comme des enfants, incapables de se maitriser, et laissant la peur guider leurs actes. Il y a des étapes primordiales à franchir, s’unir dans l’amour de son prochain, respecter cette planète qui nous héberge et qui montre visiblement, et de plus en plus souvent, des signes d’impatience face à autant d’incohérence, d’absence de discipline et… de gratitude! 

Le destin de la terre appartient a tout ce qui y vit … Faire preuve de cette capacité a ouvrir son esprit au sujet de ce genre de questions , et envisager 

que la réalité de l’adulte s’explique surtout dans l’enfance , synonyme d’innocence et d’éveil. Passé un cap dans la vie, on prend confiance en soi et on défend alors ses opinions sur tel ou tel sujet, on essaye d’être dans le coup et vivre au rythme que la vie impose, en profiter à 100%. Mais simple réflexion, qui aujourd’hui, peut affirmer qu’il n’a pas senti que le temps lui-même a accéléré ces dernières années? 

Réfléchissez à cela, les dix dernières années ont défilées à toute allure. Personnellement je suis dans ma trente deuxieme année pendant l‘écriture de ce projet et tout va si vite… C’est pourquoi mon attention et ma vigilance se portent aujourd’hui sur tout ce qui le mérite, laissant de coté tous les aspects non-essentiels à mon évolution, et celle des autres. 

L’erreur reste humaine, se tromper, faire fausse route, c’est souvent lorsqu’on s’en rend compte qu’on se remet en cause et qu’on avance. Je suis moi-même le produit de mes erreurs passées, et je travaille chaque jour à cultiver la positivité et l’optimisme. Je mets ainsi toute les chances de mon coté, fin que les échecs passés deviennent des victoires aujourd’hui. Que tout ce qui pourrait me ralentir glisse sur moi, sans trouver aucune emprise. Je considère que la vraie réussite, c’est d’arriver à continuer de capter les situations et de contempler mes moments de bonheur.  

   JE DEVIENS MOI         anges2033.gif  

  L’essentiel à mon sens est de garder les yeux ouverts, mais aussi de savoir déconnecter le mental. Il est important je pense, de se remettre en question, essayer parfois d’oublier ce que l’on sait ou croyions savoir, afin de laisser les portes ouvertes à toute éventualité. Apprendre à accepter qu’on ne maîtrise pas tout et que certaines choses nous dépassent, que nous faisons tous individuellement parti d’un ensemble plus grand et en perpétuel mouvement. Ces notions sont la base même de certaines grandes religions. Mais quel courant suivre, et puis d’abord pourquoi devrions nous faire un choix après tout? A quelle étoile, devant quel dieu devons nous poser genou à terre?  Chacun d’entre nous à son libre arbitre à ce sujet, relatif tout de même dans le sens ou l’éducation nous prépare dès l’enfance à perpétuer certaines croyances et traditions. Ce n’est qu’une fois adulte que l’on fait parfois le choix de prendre des routes différentes. Johnny, pour le citer, d’origine juive, n’a pas accepter de faire sa bar-mitsva, il a choisit un autre chemin que celui qui s’imposait naturellement à lui, et a fait sienne la culture zoulou. Simple choix, éveil de conscience? Toujours est-il qu’il s’est donné l’opportunité de choisir sa foi, en harmonie avec ce qui lui correspond le mieux. Personnellement, de part mon coté proche de la nature, je dirais même mon coté fusionnel avec mon environnement, la méditation que je pratique régulièrement, à m’étudier moi-même, travailler le lâcher prise et briser mes propres barrières, je me sens plus proche de l’art de vivre bouddhiste. C’est donc tout naturellement que je me suis ouvert progressivement et me suis mis à l’écoute de toutes les énergies positives qui nous entourent. Mon travail ne me convenant plus, j’ai donc postulé à un poste de magasinier dans une société de taille modeste, emploi que j’ai décroché immédiatement, ce qui me conforte dans l’idée que ma présence dans la restauration n’avait plus lieu d’être, et que j’étais à présent appelé vers de nouveaux horizons. Cet emploi répond à certaines de mes attentes, notamment au niveau des horaires, plus souples. Ma journée de travail se termine chaque jour à 17h, ce qui me laisse plus de temps pour m’occuper de moi, et retrouver celui que je suis, et que j’avais perdu de vue. Car je me suis véritablement mis entre parenthèse pendant toute ces années, le travail primait, au détriment de tout le reste. Désormais je fais le choix que le reste prime! J’apprends alors que lorsqu’on s’écoute, on s’entend, car les événements vont s’enchainer naturellement. Au cours d’une ballade en ville, je découvre une boutique ésotérique, un commerce ou se trouve des tas d’ouvrage et objets en relation avec le paranormal. Le pas de la porte franchi, je fais un tour rapide dans le magasin, puis m’approche du comptoir. J’engage la conversation avec les gérants, nos sujets de discussion tournent bien évidemment autour de tous ce dont je n’ai pas l’habitude d’évoquer avec mes proches ou même mes amis, domaines au sujet desquels je suis pourtant toujours prêt pour un échange. Je reçois de leur part de multiples conseils. Ils sont plus âgés que moi, l’un d’eux est voyant, et le second à des capacités assez semblables aux miennes. C’est donc tout naturellement que nous sympathisons au fil de la discussion, et je prends rapidement le parti de leur rendre régulièrement visite. Ce lieu est pour moi une véritable mine d’or, leur bibliothèque renferme des trésors d’informations, relatives à de nombreux sujets. Apprendre à bien me protéger est alors ma principale volonté, car u stade ou j’en suis, je capte aussi bien le positif que le négatif. Comme une éponge. Dans le premier cas, cela m’amène de l’énergie, de la joie, cela me renforce et je peux alors restituer cette énergie en la diffusant tout autour de moi. A l’inverse, dans le deuxième cas, ce que je capte de négatif m’affaiblit, m’assombrit, et comme je crois avoir un bon fond, cela reste en moi puisque je refuse de le transmettre. Je n’aie de cesse d’apprendre, un appétit littéraire insatiable me fait dévorer les livres les uns après les autres. Je découvre des prières de protection, les bienfaits du sel dans une maison, le pouvoir des bougies, des encens, les énergies… tellement de chose… Ce que je trouve un peu troublant tout de même, c’est que tout ce savoir faisait partie intégrante du quotidien de nos ancêtres, alors qu’aujourd’hui j’ai l’impression que tout est fait pour que la population occulte voire tourne en dérision tout ce qui se rapporte aux énergies tout autour de nous. La première fois que j’ai entendu parler du Reiki, ce fut par l’intermédiaire d’une amie chère à mon cœur, elle aussi médium, qui fut la première de mes proches à canaliser et mettre en pratique ce qui est définit comme une force universelle de vie, présente en chacun de nous. Parmi les nombreuses particularités bénéfiques qu’offrent le Reiki, canaliser cette énergie permet de protéger, de soulager, de soigner tout ce qui vit. Je me suis donné le temps… Et passer quelques mois, j’ai à mon tour fais un pas vers la maîtrise de cette force universelle. Les effets positifs se sont fait ressentir immédiatement. Lors de séances spirites notamment, la pièce se trouve alors dotée d’une énergie apaisante, lumineuse, le taux vibratoire s’élève. La protection des bougies et des encens est renforcée et toute négativité est bannie désormais. Le Reiki fut la réponse à une partie de moi qui était en attente, une pièce manquante qui devait venir s’assembler… 

Dans la continuité de ce travail sur moi concernant la lâcher prise, je travaille aussi la notion de neutralité. Par être neutre, j’entends, non pas ne plus avoir d’émotion mais plutôt ne pas prendre parti, sur tous ces petits riens qui nous polluent la vie si on y prête attention. Ces surcroîts de stress psychique que nous offrons à notre esprit se traduisent d’ailleurs souvent par toute sorte de maladie. C’est la façon que trouve notre corps pour manifester nos troubles intérieurs, le physique se nourrit de ce que lui donne le psychisme et l’extériorise. Tout ce qui lui convient le renforce, ce qui le gène l’amène à protester. Un cancer, des calculs rénaux mais aussi une migraine ou une crampe sont l’écho, la réponse du corps à l’esprit. 

La plupart du temps, on préfère occulter ces alertes, se soigner chimiquement, traiter les effets et pas les causes. Et on choisit ainsi de condamner son être à d’autres souffrances, jusqu’à ce que conscience soit prise… Il s’agirait pourtant de s’écouter en son fort intérieur, simplement, de laisser s’exprimer certains de nos instincts primitifs délaissés, afin de retrouver le potentiel d’Amour que chacun d’entre nous porte à l’intérieur de son cœur. S’ouvrir à l’autre, mettre l’étranger à sa portée, mettre l’humain à sa portée et ne plus prêter attention aux apparences. Les plus démunis sont ceux qui manifestent avec le plus de facilité à exprimer ceci. En effet, déjà détaché du matériel, ils cherchent surtout l’échange, le dialogue, le partage. Si on s’écoutait probablement… on s’entendrait ! 

Ces peurs qui touchent chacun de nous, nos angoisses, doivent cesser, nos barrières psychiques doivent être cassées, il faut dire oui à nos craintes, les accepter pour mieux pouvoir les combattre, au moyen de décisions importantes et salutaires. Et cesser de se chercher des excuses qui contribuent à s’empêcher d’être heureux. Lacher prise, ne pas céder à des caprices matériels, infantiles et temporaires, ne pas chercher ailleurs ce que l’on a en soi ! Lâcher prise, être neutre, c’est se libérer de toutes nos peurs, conscientes ou inconscientes, et ne porter notre attention que sur le positif. Jouer son rôle, être simplement à sa place dans l’univers. Pour cela c’est facile et compliqué à la fois, il faut déjà se définir soi même. Pour faire référence à Johnny, il s’est défini lui-même très tôt en rejetant les idées préconçues de ses pères blancs. Il a dès lors posé les premières pierres de ce qui est encore le combat de sa vie et largement militer pour… La simple application des droits de l’homme!   

LE SENTIMENT TABOU  bou11iw7.gif

Depuis toujours, dans l’histoire de l’humanité, une énergie d’une puissance incomparable à aucune autre force, décrit comme un sentiment, une alchimie, un état d’être ou bien encore un art de vivre, détient les secrets les plus intimes des sentiments humains.
A travers cette énergie, synonyme de lumière, c’est l’essence même de l’homme, ainsi que son origine qui s’exprime .Réponse à la plupart des questions existentielles, de l’origine de la création jusqu’à son but, cette Vérité se révèle tôt ou tard à tout un chacun au cours de sa vie.
C’est pourquoi on en trouve des traces quelque soit les époques. A l’époque féodale par exemple, les chevaliers donnaient jusqu’à leur vie pour protéger leur roi .Dans les foyers, les membres d’une famille l’éprouve de façon naturelle, instinctive et inconditionnelle.
Sans avoir précisément cité le mot, je suis pourtant sur que vous l’avez deviné.
C’est normal , comme évoqué plus haut , il résume ce que nous cherchons tous, à travers la quête du bonheur , de la paix ,de l’harmonie , de l’épanouissement et de l’accomplissement .Mais paradoxe , lorsque le cœur crie à l’être qu’il atteint cet état tant recherché , l’expression se fige et les mots restent à l’intérieur , comme si l’avouer devenait une fin et non un début .Des éléments de réponse à ce non-sens peuvent être trouvés .Dans le contexte actuel de nos sociétés , l’individualisme est glorifié, la loi de la jungle, la loi du plus fort, il s’agit à tout prix de demeurer dans le paraître et non dans l’être , sauver les apparences coûte que coûte .
Dans cet état d’esprit, dévoiler ce qu’on ressent revient à se sentir vulnérable, et c’est ainsi qu’on se conforte bêtement dans l’idée que laisser tomber ses barrières et mettre à nu ses sentiments, c’est s’exposer au risque de ne plus rien maitriser. Maîtriser, posséder, voila ou nous en sommes et cela s’appelle le matérialisme .C’est l’origine de tous les maux de notre époque, il nous pousse vers une volonté de se situer au-dessus des autres, et met l’accent sur ce qui nous séparent, et non ce qui nous rapprochent .Il crée une crainte de se retrouver dépossédé de tous les acquis et biens durement gagné, et reparaître à ses propres yeux comme quelqu’un de banal et inintéressant. Or la peur crée l’angoisse, la névrose, un cercle vicieux qui amène fatalement à l’insatisfaction perpétuelle, et pousse à en vouloir toujours plus.
La vie se vide alors de son sens, comme une hémorragie qu’on refuse de soigner .C’est souvent dans les derniers instants, lorsque le souffle se fait court et les idées plus claires, que la personne en partance fait le bilan Et dans la plupart des cas, seul compte alors la mémoire de nos pères, et celle que nous laisserons a notre tour en héritage, résumable en un simple mot :

AMOUR…



3 commentaires

  1. ELIETTE dit :

    bon boulot mon fils continue comme ça mais

    surtout reste toi meme

    mamam

  2. cherrier dit :

    Il est 1h30 passee,je ne dors pas tôt,et j’ai commencé la lecure de ton blog;tu m’épates.Continue,comme je vais continuer à te suivre bisous

  3. Lydie dit :

    bravo pour ce blog que je viens de découvrir, bonne continuation pour ce bof, pour ton éveil.
    Je suis aussi sur ce chemin et je suis d’accord, dire que l’on aime et montrer que l’on aime est TRES important et il ne faut pas en avoir honte.

    bizz

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